Jean Giono, Provence

Les recherches sur l’origine du nom du village ne sont que de simples hypothèses. C’est en 814 qu’apparaît pour la première fois le nom de Rougon sur un relevé des biens de l’Abbaye de Saint Victor de Marseille. Rougon s’appelait alors Villa Rovagonis ou Rogonum et recouvrait un territoire plus grand et plus à l’ouest qu’aujourd’hui. Le nom actuel pourrait dériver de ‘Rogus’ signifiant ‘bûcher’ à cause des bois qui entourent le village. Mais la racine pourrait être aussi ‘rub’ signifiant rocher (tout comme Robion)…Selon les époques il semblerait que le nom du village ait varié de ‘Rovagonus’ à ‘Rovago’, ‘Rugua’ ou ‘Rogonus’ au XVe siècle. La forme actuelle ‘Rougon’ est donnée à partir du XVIIe siècle. Quelques portes datant de la Renaissance et du XVIIe attestent que les maisons qui ont été bâties vers ces époques occupent le parcellaire médiéval.

Les habitants sont les Rougonnais et les Rougonnaises. Ils étaient autrefois surnommés les ‘Mange-Glands’, ce qui montre que la richesse n’était pas au rendez – vous dans tous les foyers !

               De fait, le village a vu sa population diminuer au fil des siècles :

1315 : 270 habitants

1471 :   80 habitants 

1765 : 484 habitants

1846 : 560 habitants

1936 : 126 habitants

                    1990 :   78 habitants

Mariage à Rougon début XXe .

Le XIXe siècle verra l’apogée du village. Les crises de la seconde moitié du XIXe, la déprise agricole et les guerres, ont lourdement pesé sur le dépeuplement : Rougon perd en un siècle plus des trois quarts de sa population.

La population se situe aujourd’hui autour de 85 habitants à l’année et compte beaucoup de résidences secondaires qui, bien que n’amenant pas d’habitation permanente, ont toutefois permis de relever les ruines.

La vie socio-économique au XVIe s’articule autour de l’agriculture et de l’élevage intensifs, ce qui produit des effets désastreux en raison du déboisement important que cela représente.

Au XVIIe, on pratique l’élevage des moutons, les lieux de pâture donnent lieu à des conflits comme en témoigne le procés entre Rougon et La Palud de 1671 à 1673. Par contre, on limite l’élevage des chèvres trop destructrices. On cultive en ‘restanques’, on utilise les glands pour nourrir les cochons.

Au XIXe, Rougon était renommé pour la confection de draps solides…

Aujourd’hui, le village se trouvant sur le tracé de chemins de grandes randonnées, divers projets ont vu le jour : point ‘multiservices’, crêperie, chambres d’hôtes ou gîte d’étape.

La demande de logements par des personnes actives désireuses de profiter de la qualité de vie est forte et devrait permettre, si elle est satisfaite, de renforcer le tissu social de la commune.

La commune de Rougon, située au cœur des Gorges du Verdon, surplombant l’entrée du Grand Canyon, constitue l’extrême pointe méridionale des Préalpes de Haute Provence.

Accotée au massif préalpin, la commune se tourne au midi, étageant sur plus de 1000m de dénivelé ses 3583 hectares. Le village est dominé par l’immense plateau de Suech qui fut autrefois le véritable ‘grenier à blé’ de Rougon comme en témoignent les étagements de parcelles étirées sur les pieds des pentes : on a épierré la ‘grau’ ( terme provençal désignant une zone très caillouteuse) et cultivé les grains nécessaires à la communauté.

Le climat est relativement tempéré à une altitude de 963m, mais les hivers peuvent y être rudes, bien que la neige s’y fasse rare.

La commune, dont une grande partie est en site classé, fait partie du Parc National Régional du Verdon.

 

Jour d’orage

Texte inspiré du livre:

« Histoire des Gorges du Verdon jusqu’à la Révolution »

de Jacques CRU     (Edisud 2001)

Remerciements à Jean G. pour son aide et sa participation.

 © Textes Mariani Nadine

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